Cours de psychologie

3 essais sur la théorie sexuelle - Sigmund Freud

 

 

I. Les aberrations sexuelles.

 

Déviations par rapport à l’objet sexuel.

 

Homosexuels et bisexuels sont des invertis.

Homosexuels : absence de jouissance avec l’autre sexe.

Bisexuels : manque le caractère de l’exclusivité. Peut être seulement occasionnel.

Avant, on jugeait l’inversion par dégénérescence et innéité. Hermaphrodisme psychique. Subsiste une idée de prédisposition bisexuelle et troubles de la pulsion sexuée dans son développement.

L’objet sexuel est la réunion des 2 caractères sexués.

La pulsion sexuée est vraisemblablement d’abord indépendante de son objet et sans doute n’est-ce pas non plus aux attraits de celui-ci qu’elle doit son apparition.

La nature et la valeur de l’objet sexuel passent à l’arrière-plan.

 

Déviations par rapport au but sexuel.

 

But sexuel : union des organes génitaux, accouplement, extinction temporaire de la pulsion sexuelle.

Les perversions sont : outrepassements anatomiques des régions du corps destinées à l’union sexuée ; arrêts aux relations intermédiaires avec l’objet sexuel qui, normalement, doivent être franchies rapidement sur la voie du but sexuel définitif.

Outrepassements anatomiques : surestimation de l’objet sexuel, perversion quand la bouche entre en contact avec les organes génitaux (la force de la pulsion sexuelle aime à s’exercer dans le surmontement de ce dégoût), utilisation de l’anus, fétichisme (intimidation sexuelle précoce).

Fixations de buts sexuels préalables : quand le regard reste sur les organes génitaux, si le regard se relie au surmontement de dégoût, si le regard refoule le but sexuel ; le sadisme est une composante agressive de la pulsion sexuelle, s’il entraîne maltraitance c’est de la perversion ; le masochisme est une continuation du sadisme par retournement contre la personne propre (un sadique est toujours un masochiste).

 

Généralités sur l’ensemble des perversions.

 

Tout le monde a quelques ajouts pervers. C’est dans l’exclusivité et dans la fixation de la perversion que nous pouvons la juger comme un symptôme morbide.

Dans la sexualité existe partout la plus intime interrelation entre ce qu’il y a de plus élevé et ce qu’il y a de plus bas.

La pulsion sexuelle lutte contre des puissances animiques (pudeur et dégoût), elles peuvent orienter le développement de la sexualité.

La pulsion sexuelle est faite de composantes qui, dans les perversions, se détachent d’elle.

 

La pulsion sexuelle chez les névrosés.

 

Les symptômes nerveux reposent d’une part sur la revendication des pulsions libidinales, d’autre part sur la protestation du moi, en réaction à ces dernières.

La composante sexuelle du conflit permet l’entrée en maladie en soustrayant les processus animiques à une liquidation normale.

La névrose est pour ainsi dire le négatif de la perversion.

Chez tous les névrosés il y a inconsciemment une homosexualité, toujours inconsciemment tous les penchants aux outrepassements, et des fixations perverses. Mais pas de fétichisme.

 

Pulsions partielles et zones érogènes.

 

La pulsion est un des concepts de délimitation entre l’animique et le corporel. La source de la pulsion est un processus excitateur dans un organe, et le but immédiat de la pulsion réside dans la suppression de ce stimulus d’organe.

Les organes du corps donnent 2 excitations : l’excitation spécifiquement sexuelle, et la zone érogène.

 

Explication de l’apparente prépondérance d’une sexualité perverse dans les psychonévroses.

 

Chez la plupart des psychonévroses, l’entrée en maladie se produit après la puberté, refoulement de la sexualité.

 

Amorce de l’infantilisme de la sexualité.

 

Quelque chose d’inné se trouve à la base des perversions, chez tout le monde, et les influences de la vie le font ressortir.

Les névrosés ont conservé l’état infantile de leur sexualité.

 

II. La sexualité infantile.

 

Nous oublions/refoulons notre enfance.

Sans amnésie infantile, il n’y aurait pas d’amnésie hystérique.

 

La période de latence sexuelle de l’enfance et ses interruptions.

 

Le nouveau-né apporte avec lui des germes de motions sexuelles, qui vont se développer et se tasser.

Une période de latence sexuelle dominée par l’édification des puissances animiques.

Pendant cette période il peut arriver qu’une activité sexuelle se maintienne.

 

Les manifestations de la sexualité infantile.

 

Le suçotement peut être accompagné de caresse ou d’agrippement.

Le suçotement est une manifestation sexuelle, c’est auto-érotique.

C’est la recherche du plaisir premier : la tétée.

Les énergiques suçoteurs deviennent des gourmets de baisers, et s’il y a refoulement ils ressentiront du dégoût pour la nourriture.

 

Le but sexuel de la sexualité infantile.

 

Une zone érogène est un lieu de la peau ou de la muqueuse sur lequel des stimulations d’une certaine nature provoquent une sensation de plaisir d’une qualité déterminée.

Zone érogène et zone hystérogène montrent les mêmes caractères.

Le but sexuel est la recherche d’une satisfaction qui a été vécue auparavant.

 

Les manifestations sexuelles masturbatoires.

 

Activité de la zone anale, on retient jusqu’à avoir mal puis on libère pour soulager.

La signification de « l’enfant » s’acquiert par le manger et se met au monde par l’intestin.

Une stimulation masturbatoire de la zone anale par le doigt n’est pas rare chez les enfants.

Les activités sexuelles de la zone érogène des parties génitales sont le début de ce qui sera plus tard la vie sexuée « normale ».

Par l’onanisme du nourrisson est posé le primat futur de cette zone érogène pour l’activité sexuée.

Onanisme par la main ou le resserrement des cuisses pour les filles, et par la main pour les garçons.

3 phases de masturbation infantile : période du nourrisson, vers 4 ans c’est la floraison de l’activité sexuelle, et l’onanisme de la puberté.

L’onanisme du nourrisson disparaît, puis la pulsion sexuelle se réveille à nouveau avant une autre répression. Si pas de répression on peut voir là la première grande déviation.

Dans les années d’enfance, l’appareil sexué n’est pas encore développé, c’est l’appareil urinaire qui fournit des signes.

Pendant cette période, les facteurs externes ont une grande signification, comme la séduction.

Sous l’influence de la séduction, l’enfant peut devenir pervers polymorphe. La perversion est en nous, il faut les digues animiques pour la contenir.

La séduction brouille la manière de voir la pulsion sexuée.

Chez l’enfant, la pulsion de regarder est à même de survenir en tant que manifestation sexuelle spontanée.

La motion cruelle est issue de la pulsion d’emprise et intervient quand les organes génitaux n’ont pas encore pris leur rôle.

Pervers polymorphe : l’enfant découvre son corps et le monde autour de lui à travers ses pulsions partielles.
Nous sommes tous passés par une étape première dans notre vie sexuelle (d'abord non génitale puis génitale) où la satisfaction de chacune des zones érogènes a prévalu pour elle-même. Pour l'enfant, cette découverte est saine car elle accompagne le passage d'un stade à l'autre. En revanche, s'il n'est plus transitoire et occasionnel, ce mécanisme est considéré comme un mode relationnel pathologique.

 

La recherche sexuelle infantile.

 

Vers 3-5 ans, à la floraison de l’activité sexuelle, l’enfant devient chercheur.

Complexe de castration : si l’homme n’admet pas que la femme n’a pas le même sexe, il dépréciera l’autre sexe. Le garçon croit qu’on a tous le même sexe, la fille admet différents sexes mais veut un pénis.

→ Le petit garçon interprète la castration comme menace : celle d'une autorité paternelle réprimant la sexualité. Ce complexe de castration survient donc au sortir de l'Œdipe, comme renoncement à l'objet maternel et comme marquant le début de la période de latence et de la formation du surmoi. La petite fille interprète la castration comme ayant eu lieu, et se doit donc de la réparer. Ce moment, l'envie du pénis, marque alors l'entrée dans l'Œdipe.

Les enfants veulent savoir comment viennent les bébés, et sont intéressés par l’acte qu’ils voient comme une maltraitance et peut conduire au sadisme.

L’enfant cherche en solitaire, il pose des questions et n’obtient pas de réponse adéquate, il finit par renoncer ce qui laisse des dommages.

 

Phases de développement de l’organisation sexuelle.

 

L’issue du développement est la vie sexuelle adulte, avec acquisition de plaisir au service de la fonction de reproduction, et avec but sexuel dans un objet sexuel étranger.

1ère organisation sexuelle prégénitale : organisation orale, cannibalique, toujours associée à la nourriture, le but sexuel consiste à incorporer l’objet. Pathologie = suçotement.

2ème organisation sexuelle : organisation sadique-anale, c’est la pulsion de l’emprise, avec polarité sexuelle et objet étranger.

3ème organisation sexuelle : organisation génitale, phallique, avec objet sexuel et tendance sur cet objet.

Choix d’objet en 2 temps : entre 2 et 5 ans, puis s’immobilise ou rétrograde, c’est infantile, puis à la puberté détermine la configuration définitive de la vie sexuelle.

 

Sources de la sexualité infantile.

 

Donc, la pulsion sexuelle : reproduction d’une satisfaction vécue, puis stimulation des zones érogènes, et enfin expression de pulsions.

Production d’excitation sexuelle par des ébranlements mécaniques rythmiques du corps : ceux sur l’appareil sensoriel des nerfs vestibulaires, ceux sur la peau, et ceux sur les parties profondes (muscles, articulations).

L’une des racines de la pulsion sadique dans l’excitation sexuelle favorisée par l’activité musculaire.

Tous les sentiments empiètent sur la sexualité, et même la douleur tenue à l’écart peut emmener le sadomasochisme.

L’attention et la tension mentale peuvent entraîner une co-excitation sexuelle.

 

III. Les reconfigurations de la puberté.

 

La pulsion sexuelle était jusqu’ici principalement auto-érotique, elle trouve maintenant l’objet sexuel, et est primat de la zone génitale.

Le nouveau but sexuel chez l’homme consiste dans la décharge de produits sexués.

Chez la femme, c’est plus compliqué et il y a même une sorte de rétrogradation.

 

Le primat des zones génitales et le plaisir préliminaire.

 

L’appareil génital est attaqué par 3 voies : monde extérieur (zones érogènes), intérieur de l’organisme, et vie d’âme (entrepôt des impressions externes et internes).

Ces 3 voies provoquent un état d’excitation sexuelle qui se fait connaître par des signes animiques et somatiques.

L’œil apporte une excitation qui monte en tension, si on ajoute la main, le plaisir s’accroit, la tension monte encore, il faut un autre plaisir pour maintenir le plaisir, que la tension n’amène pas de déplaisir.

L’activation des zones érogènes accroissent le plaisir et la tension doit mobiliser l’énergie motrice nécessaire pour conduire l’acte sexuel à son terme. L’avant-dernière partie de cet acte est la stimulation de la zone génitale. Le plaisir final est provoqué par délestage, plaisir de satisfaction, et avec lui s’éteint temporairement la tension de la libido.

Le plaisir préliminaire est le même que la pulsion sexuelle infantile, mais en plus fort ; mais le plaisir terminal est nouveau, et n’intervient qu’avec la puberté.

De 8 ans à la puberté, les zones génitales se comportent déjà de la même manière qu’à l’époque de la maturité mais ne contribuent pas encore à la poursuite du processus sexuel.

 

Le problème de l’excitation sexuelle.

 

Plaisir et tension sexuelle sont en corrélation de manière indirecte.

L’accumulation des substances sexuelles crée et entretient la tension sexuelle en raison de la pression de ces produits sur la paroi de leurs contenants, agissant peut-être comme un stimulus sur un centre spinal dont l’état est perçu par des centres supérieurs et apporte alors à la conscience la sensation de tension bien connue.

Dans la partie interstitielle des glandes séminales sont produites des substances chimiques particulières qui, reprises par la circulation sanguine, font que des parties déterminées du système nerveux central se chargent de tension sexuelle.

 

La théorie de la libido.

 

Libido : force quantitativement modifiable qui pourrait servir de mesure aux processus et transpositions dans le domaine de l’excitation sexuelle.

L’excitation sexuelle est fournie par tous les organes du corps.

La libido est accessible à l’étude analytique lorsqu’elle devient libido d’objet.

La libido narcissique (libido-du-moi), réalisée dans la 1ère enfance, est un grand réservoir d’où sont envoyés les investissements d’objet et dans lequel ils sont de nouveau rentrés.

 

Différenciation entre homme et femme.

 

La libido est de nature masculine, présente chez l’homme et la femme.

L’homme garde sa zone directrice de son activité sexuelle depuis l’enfance, tandis que la femme, ça évolue du clitoris à tout l’appareil génital.

 

La trouvaille de l’objet.

 

Trouvaille de l’objet par 2 voies : étayage sur les prototypes infantiles précoces, et voie narcissique (recherche du moi dans l’autre).

Le rapport de l’enfant avec une personne qui s’occupe de lui est source d’excitation sexuelle et de satisfaction.

Signe de nervosité si l’enfant se montre insatiable dans sa demande de tendresse parentale.

Le penchant à l’anxiété se rencontre seulement chez les enfants ayant une pulsion sexuelle excessive ou prématurément développée ou encore rendue exigeante par de tendres caresses.

L’ajournement de la maturation sexuelle a permis de gagner le temps nécessaire pour ériger la barrière à l’inceste.

L’amour apparemment non sexuel pour les parents et l’amour sexué s’alimentent aux mêmes sources, c’est-à-dire que le premier correspond seulement à une fixation infantile de la libido.

En général, le choix d’objet se fait probablement en s’étayant plus ou moins librement sur ces prototypes (mère pour l’homme, père pour la femme).

 

 

► Franchement intéressant !!! Y a de quoi se poser des questions sur notre sexualité... Ah, Freud, à ne pas tout prendre, mais bonnes connaissances.



22/06/2012
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